Hello les copains ! Plénitude et bonheur. Cette aventure est à jamais une composante de mon ADN. J’aurais vécu de rencontres, de confrontation à la différence, de perte dans la nature. Je me suis drogué à l’extasie et je vais essayer de continuer à ce faire dans les années à venir (les doses certainement moins fortes mais bien présentes). Je parle ici au passé car la fin d’une grande étape s’annoce : je vais dire au revoir à l’Asie du Sud Est. Je fais une halte jeudi pour 24h à Singapour pour voir Meumeu puis avion vendredi matin direction Sydney et retrouvailles avec mon père. Un mois d’Océanie pour conclure cette merveilleuse aventure.
Mais je suis encore en Asie. Asie, ma grande sœur, je te remercie pour tout ce que tu m’as apporté : le bouddhisme et sa philosophie « la vie ne termine jamais », le plaisir d’échanger toute la journée des sourires avec les gens que tu rencontres dans la rue, les éclats de rire échangés avec les enfants et les courses poursuites sur les plages qui te remplissent d’amusement, la profondeur du regard de ces gens avec qui tu communies, une philosophie de vie portée sur la famille, la survie, le calme et le respect, la douceur de vivre, l’immersion dans des sociétés pas encore complètement bouffées par le capitalisme, la prise de conscience par les faits de l’omnipotence de la Chine, des bienfaits ou non du communisme, de l’inhumanité de la dictature.
Merci aussi pour m’avoir fait partager ces sensations magnifiques de ce qui se trouve sur ton continent : la splendeur d’Angkor, de Bagan, de la Muraille de Chine, de la Cité Interdite, des rizières en terrasse de Batad. La douceur de vivre de Luang Prabang, du lac Inle, de Sangklaburi, du lac Tonlé Sap, du Mékong, du marché de Chiang Mai et de Ventiane. La splendeur du mont Kota Kinabalu, des pains de sucres de Vang Vieng, des îles de l’archipel de Palawan, de la jungle du nord du Laos, de la campagne de Pai. L’adrénaline dans la jungle de Sukau sur le Kinangabatan, l’ascension du Kota, les virées en moto sur toutes ces routes sinueuses. L’émerveillement lors des longues heures de snorkeling à Mabul, Coron, Koh Tao et Koh Chang, la visite de la Shwegadon Pagoda à Rangoon. L’hallucination devant la modernité de Shanghai, l’agitation de Phnom Penh et de Bangkok, les caves de la mort, la vue depuis le Peak de HK, les Tours Petronas, les gens drogués dormant dans la rue à Manille. Merci de m’avoir fait découvrir les sources d’eau chaudes, le plumage des poulets, l’escalade, le tubing, la moto, le massage des pieds, le Lao Lao, les nights markets et le dépassement de soi lors des treks.
Tu m’as offert tant de choses. Je suis très heureux d’être venu te rencontrer. Tu fais partie de ma vie. J’ai juste eu le plaisir de passer 4 mois avec toi et je ferais tout pour garder ce que tu m’as appris afin d’encore mieux vivre en France. Je veux garder ta sérénité, ta foi en la vie, le respect des autres, le don de soi à la famille, la distinction de l’important et du superflu.
Sinon je ne vous ai pas encore fait partager mes 3 premières semaines de février. Nous nous sommes laissés, je revenais émerveillé de 3 jours de snorkeling à Mabul avec tortues et poissons. J’ai ensuite retrouvé Lili, ma copine de Shanghai pour 8 jours intenses toujours sur Bornéo. Nous avons passé 3 jours à Sandakan à la rencontre des animaux de la jungle (Lili et moi en sommes fans !!!) : une journée passée avec les singes nasiques, animaux complètement hallucinants, 24h de pluie ininterrompue inondant une partie de la région, l’attente des orang outans à Sépilok avec l’apparition d’un bébé, une otite pointant son nez due à baignade des plongées en apnée trop nombreuses à Mabul. Stop. Que fait-on maintenant ? La jungle est en passe semble-t-il d’être inondée, je commence à avoir l’envie de me taper la tête contre les murs tellement j’ai mal. Nous prenons donc la décision de zapper la jungle et d’aller directement à Kota Kinabalu pour trouver un meilleur temps et me faire soigner. Le lendemain matin après avoir eu les derniers billets de bus pour KK, nous nous faisons déposer à l’arrêt de bus. Mais là tout change : depuis ce matin le temps est revenu au beau, nous rencontrons des gens qui reviennent de la jungle et qui nous apprennent que certaines parties sont encore largement praticables ; je continue à avoir de bonnes douleurs mais je me shoote au Nurofen. Notre bus arrive, nous nous regardons avec Lili et hop c’est décidé changement de plan, on ne monte pas dans notre bus !!!! Direction ensuite Sukau pour faire une croisière sur la rivière qui regorge d’animaux sur les berges. J’ai de plus en plus mal mais tant pis….Nous prenons le bateau, subissons la seule bonne averse de la journée….La pluie s’arrête, Monsieur Arc –en- Ciel nous fait signe et là hallucination, nous nous retrouvons face à une dizaine d’éléphants dans leur habitat entrain de manger du bambou : normal ! Ensuite rencontre avec des singes à profusion, serpent, bébé crocodile, hornbills (oiseaux de grande envergure avec un double bec, ressemblant au pélican). Le kiff ! Toutefois j’ai du mal apprécié ce qui nous arrive, je suis en train de devenir sourd d’une oreille. Lili fait une ballade de nuit dans la jungle avec une famille de japonais logeant dans notre lodge puis départ tôt le matin pour 10h de route vers KK. Le soir direction la clinique puis à nouveau le lendemain car j’ai toujours aussi mal. Enfin prescription des bons médicaments ! Je commenc me sentir mieux. Le truc c’est que le lendemain matin nous devons partir pour l’ascension du Mont Kota….Mardi 8 février 6h30 du matin, je vais mieux, ok je viens !!!! Nous sommes excités. Nous partons avec un Australien, Mike, qui était dans notre dortoir.
Cette ascension restera un des moments les plus forts de ce voyage. Départ à 1850m à 11h du matin, arrivée à 17h à 2950m. Nous avons pris notre temps et fait pas mal d’étirements afin de garder de bonnes jambes ! Arrivé au refuge, nous prenons une petite douche avec une eau à pas plus de 12°C, puis dîner très bon à 18h. Coucher à 20h pour un lever à 1h30 du mat’. Petit déjeuner costaud puis départ à 2h30 avec polaire, gant et lampe frontale pour 3 heures d’ascension : au programme seulement 2300m de distance mais 1100 m de dénivelé soit ½ mètre d’ascension par pas !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Marche cette fois-ci sur la roche. Arrivée au Peak à 5h30 et attente du lever du soleil en se les gelant un peu et après……………………………………………………LE REVE, L’HALLUCINATION. Mère nature nous réserve un moment magnifique : grand soleil, nous sommes au-dessus des nuages et nous volons. Les photos postées sur Facebook témoignent de tout cela. Puis redescente au refuge pour un nouveau bon repas. Enfin 4h de descente qui n’en finit pas ! Ayant bien écouté notre corps, nous ne souffrons pas trop contrairement à d’autres qui finissent en boitant à mort. Petite satisfaction perso, je finis les 500 derniers mètres en trottinant. Nous l’avons fait !!!
Lili reprend son avion le soir même. J’ai 2 jours de repos avant de m’envoler pour Manille, je passe du bon temps dans ma guesthouse qui est géniale. L’ambiance est super chouette, je rencontre des gens cool, la proprio est ma 2° mère.
Après tout ça comment vous faire croire que j’ai continué à vivre des choses aussi intenses ?! La chance m’a suivi. Avant de partir pour Manille et de rejoindre Meumeu le lendemain matin à l’aéroport pour aller à Palawan, je me suis renseigné sur ce que nous pouvions faire là-bas. En fait nous avions déjà décidé de tracer directement arrivé à Puerto Princesa ville principale de Palawan à El Nido paradis terrestre de centaines de petites îles désertes. Nous avions aussi pris des billets pour le samedi suivant pour retour à Manille depuis Coron une île située à 200kms d’El Nido.
Donc je fais des recherches sur le site Voyage Forum et je vois tout le monde parler d’une agence de rêve, Tao, qui organise des expéditions de 5 jours entre El Nido et Coron sur une bangka tout confort pour 12 passagers seulement : au programme visites d’îles perdues, snorkeling, poissons grillés, kayaking et chaque nuit passée sur une île différente à dormir sur la plage avec feu de bois, rhum, lune et étoiles !!!!!!!!Le truc c’est qu’il faut réserver genre 6 mois à l’avance, surtout depuis qu’il y eu un reportage TV passé sur Arte ! Je vais direct sur le site, première bonne nouvelle : les dates fittent. Nous arrivons samedi pm et l’expédition part le dimanche main. J’envoie une demande de réservation mais bien sûr pas de news….Dommage……Nous arrivons à El Nido et nous nous rendons à l’agence et là la révélation : il reste 2 places !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!2 personnes tombées malades ont annulées.
Ces 5 jours nous ont apporté tout ce que nous pouvions attendre de la vie dans les îles : sable blanc, eaux turquoises, couchers et levers de soleil avec seul notre bateau à l’horizon, repos dans les hamacs, kayak au lever du jour sur une mer douce avec rencontre d’oiseaux multicolores, snorkeling dans des jardins de coraux oufs et des coquillages avec des « bouches » colorées, discussions avec des centaines de poissons qui sautent, farniente sur le pont du bateau, participation à la cuisine (préparation du lait de coco, plumage des poulets), festin de poissons, de gingembre, de fruits…….. Merci, jamais une nouvelle fois je n’oublierais.
Mais au fait après 5 jours qu’attendre de plus des îles ? Eh bien découverte des lacs salés au milieu de ces merveilles : tu nages dans des lacs qui font 30 m de profondeur et qui sont bordés par des formations calcaires s’enfonçant à perte de vue dans l’eau. J’ai renagé avec une tortue et vu un serpent de mer !
Après une journée à Manille avec Meumeu qui repart sur Singap’, direction le nord pour les rizières en terrasse considérées comme une des merveilles du monde. J’y suis depuis 2 jours et je garde les yeux grands ouverts mêmes si ceux-ci sont déjà bien remplis. Dans le bus de nuit depuis la capitale, j’étais avec une allemande très sympa (!) avec qui je suis allé à Batad à 1h de tricycle et 2 heures de marche hier. Nous avons découvert un amphi théâtre de rizières splendide puis j’ai nagé au fond de la vallée dans la rivière.
Demain nouvelle journée dans les rizières à Hapao puis retour à Manille demain soir.
Vas-y donne moi à manger, j’ai la dalle.


